Sumo

Sumo

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Le sumo (相撲sumō?) est un sport de lutte japonais. Le combat sumo se caractérise par le gabarit des lutteurs ainsi que par les nombreux rites traditionnels qui entourent les combats. Ce sport reste très populaire au Japon, même si le baseball et le football le détrônent désormais, notamment chez les jeunes.

Les origines

Le sumo fut mentionné pour la première fois en 712 dans le Kojiki, ou Récit des Temps Anciens, premier livre d'écriture japonaise. Le Kojiki relate la victoire deTakemikazuchi (ja) contre Takeminakata (ja), deux dieux anciens lors d'un combat de sumo. C'est ainsi que le peuple mené par Takemikazuchi obtint la possession des îles japonaises et que fut fondée la famille impériale dont est issu l'actuel empereur1. Le Nihon Shoki (720) rapporte lui le combat qui aurait eu lieu lors du règne de l'empereur Suinin (-29 - 70) entre Nomi-no-Sukune et Taima-no-Kuehaya, considéré comme l'origine du sumo et du ju-jitsu. Nomi-no-Sukune est aujourd’hui considéré comme le saint patron ou kami des lutteurs de sumo, et est notamment vénéré dans un sanctuaire shinto homonyme de Ryōgoku, quartier des sumos à Tokyo.

Mis à part ces légendes, il semble que les combats sumo soient apparus il y a près de 1 500 ans, sous forme de rituels religieux shinto : des combats sumo ainsi que des danses et du théâtre étaient dédiés aux dieux (kami) en même temps que des prières pour obtenir de bonnes récoltes1.

D'autres anciennes luttes asiatiques telles que la lutte mongole, le shuai jiao chinois et le ssirum coréen auraient également pu avoir une influence.

Période Nara

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Au viiie siècle, les combats sumo sont introduits dans les cérémonies de la Cour Impériale1. Des tournois annuels sont organisés, accompagnés de musique et de danses auxquelles participent les combattants victorieux1. Les combats de l'époque, qui mélangent boxe et lutte et qui autorisent presque tous les coups, restent très éloignés des combats de sumo actuels1. Cependant, sous l'influence de la Cour Impériale, des règles furent progressivement formulées, des techniques furent développées et le combat sumo devint proche de ce qu'il est actuellement1.

À partir de la Période Kamakura

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L'établissement d'une dictature militaire à Kamakura en 1192 est suivie d'une longue période de guerres et d'instabilité1. Le combat sumo est tout naturellement vu par les chefs sous l'angle militaire et est utilisé pour augmenter l'efficacité au combat des soldats (samouraïs), en particulier pour immobiliser l'adversaire1,2.

L'unification du Japon sous le shogunat Tokugawa, en 1603, est suivi d'une période de paix et de prospérité, marquée par le développement d'une classe aisée de commerçants1. Des groupes de sumo professionnels sont créés pour divertir la classe bourgeoise et le combat sumo prend sa forme actuelle, en tant que sport national du Japon à partir du XVIIIe siècle1,2. À larestauration de Meiji (fin du XIXe), des associations et des syndicats se créent, et le sport se professionnalise progressivement au début du XXe siècle2. La période de l'expansionnisme du Japon Shōwa (1926-1945), qui s'accompagne d'une idéologie nationaliste, provoque un essor du sumo2.

De nos jours

En 1925 se crée l'Association japonaise de sumo (JSA), qui gère les compétitions professionnelles de sumo. Elle organise depuis1936 les tests de sélection annuels des nouvelles recrues3. Depuis les années 1990, le recrutement s'avère difficile, et pour la première fois en 2007, le test est annulé faute de candidats3. En contrepartie, on retrouve de plus en plus de lutteurs étrangers, notamment des Austronésiens américains ou samoans dès les années 1960 et des Mongols à partir de 1992, les plus connus étantAkebono (premier non-japonais à devenir yokozuna), Konishiki (en) (premier étranger à devenir ōzeki), Musashimaru (en),AsashōryūHakuhōHarumafuji et Kakuryū (en)3,4. À partir de 2002, le nombre de lutteurs étrangers par écurie est limité à un seul lutteur5.

En janvier 2006, le bulgare Kotoōshū est le premier Européen à devenir ōzeki, il sera suivi par l'Estonien Baruto en mars 2010. Le24 mai 2008, l'ōzeki Kotoōshū est le premier Européen à gagner un tournoi, insuffisant néanmoins pour devenir yokozuna. Enfévrier 2010, face à l'augmentation du nombre de naturalisations de lutteurs étrangers (six depuis avril 2009), c'est le nombre de lutteurs nés à l'étranger qui est limité à un5. En janvier 2012, l’Égyptien Abdelrahman Ahmed Shaalan est le premier Africain à devenir lutteur de sumo professionnel, sous le nom d'Ōsunaarashi ; il participe à son premier honbasho en mars (catégorie jonokuchi), qu'il remporte6. Il gravit ensuite rapidement les échelons, et passe en jūryō en mai 2013, devenant ainsi sekitori7.

Les principaux tournois (honbasho) sont diffusés par le service public NHK à la radio depuis 1928 et à la télévision depuis 19538. Seul le tournoi de juin 2010 n'a pas été diffusé suite à un scandale de paris illégaux8. Des tournées de promotion à l'étranger sont régulièrement organisées par l'association ou par les écuries (clubs des lutteurs) : à Las Vegas en 2005, en Israël en 2006, à Hawaïen 2007 et à Los Angeles en 2008, alors que celle de 2009 à Londres est annulée faute de moyens suite à la crise économique9,10.

Les rikishi

Kokkai en mai 2009

Le sumo professionnel est un sport réservé aux hommes. Les lutteurs de sumo sont appelés au Japon rikishi (力士?litt. « personne instruite (dans le domaine de) la force »), voire o-sumō-san (お相撲さん?litt. « M. Sumo », avec une marque de respect), plutôt que sumotori (相撲取り,sumōtori?), appellation usitée en France, mais peu au Japon, si ce n'est pour les débutants.

Lors des combats, ils ne sont vêtus que du mawashi, une bande de tissu serrée autour de la taille et de l'entrejambe, qui constitue la seule prise solide autorisée pendant le combat. Celle-ci fait réglementairement entre 9 et 14 mètres suivant la corpulence du rikishi. Ils sont coiffés selon le style chon mage : les cheveux, lissés avec de l'huile, sont maintenus par un chignon. Un rikishigarde ses cheveux longs pendant toute sa carrière active ; son départ à la retraite est marqué par une cérémonie (danpatsu-shiki) au cours de laquelle ce chon mage est coupé. Les rikishi des divisions supérieures sont coiffées en oicho-mage (le chignon a une forme de feuille de ginkgo) lorsqu'ils sont en tournoi ou en représentation.

Il n'y a pas de catégorie de poids pour les rikishi et il peut arriver que l'un des combattants ait plus du double du poids de l'autre (les poids de rikishi pouvant aller de 70 à 280 kg). Cependant, lesrikishi des meilleures divisions pèsent en moyenne environ 150 kg, poids semblant le plus à même d'assurer à la fois stabilité et souplesse.

La vie quotidienne du rikishi est très réglementée : réveil à 5 heures du matin, entraînement, repas de midi à base de chanko nabe, sieste et repas du soir également à base de chanko nabe. Les entraînements suivent un certain nombre de rituels ancestraux et les lutteurs les mieux classés se font servir par les apprentis.

Le combat

Le but de chaque lutteur est d'éjecter l'adversaire hors du cercle de combat ou de lui faire toucher le sol par une autre partie du corps que la plante des pieds. L'arène est appelée dohyō (土俵?) : c'est une plateforme carrée faite d'argile tassée, d'une hauteur de 34 à60 cm. Un cercle de 4,55 m de diamètre, fait à l'aide de ballots de paille ancrés dans la plateforme, délimite l'aire de combat. Outre les lutteurs, le gyōji (行司?), l'arbitre, est également sur le dohyō. Les juges (審判shinpan?), les présentateurs (呼出yobidashi?)ainsi que les lutteurs suivants se trouvent autour de l'arène.

Les lutteurs sont d'abord appelés par le yobidashi à monter sur le dohyō. Avant l'affrontement, les lutteurs chassent les esprits en frappant le sol avec les pieds, après les avoir levés très haut : il s'agit du shiko (四股?). En signe de purification, ils prennent une poignée de sel et la lancent sur le cercle de combat : on parle alors de kiyome no shio (清めの塩?). Il y a également le rituel de « l'eau de force » (力水chikara-mizu?) que le rikishi boit puis recrache. Ce sont les trois gestes rituels les plus importants avant le début du combat proprement dit.

Le combat débute au signal du gyōji, qui présente alors l'autre face de son éventail (軍配gunbai?). Après une phase d'observation(仕切りshikiri?), les lutteurs doivent toucher le sol avec leurs deux mains pour accepter le combat, la confrontation physique peut alors commencer. Les deux protagonistes se lèvent et s'élancent l'un vers l'autre, action nommée tachi-ai (立ち会い?). Le premier contact entre les deux, atari (当たり?), est souvent très violent. Lorsque l'un des deux rikishi n'a pas mis les deux mains au sol alors que l'autre s'est élancé vers lui, on parle de matta (待った?), et le départ est redonné.

Les combattants peuvent utiliser les prises parmi les 82 autorisées, ces prises gagnantes sont appelées kimarite (決まり手?). Si le choix du vainqueur à la fin du combat n'est pas évident, les juges se réunissent sur le dohyō pour délibérer (物言いmono-ii?), il arrive alors que le combat soit rejoué : torinaoshi (取り直し?).

L'accès au dohyō est interdit aux femmes même en dehors du combat, selon une ancienne tradition shinto considérant le sang comme une souillure (kegare), et donc les femmes potentiellement impures du fait des menstruations11. Le 19 septembre 2007, pour la première fois dans l'histoire du sumo professionnel, une spectatrice pose le pied dans l'arène, sans toutefois atteindre la zone de combat car stoppée par un lutteur11.

La compétition

Catégories

Le sumo professionnel regroupe plusieurs centaines de lutteurs, regroupés en six divisions :

Les 70 lutteurs en makuuchi et en jūryō sont appelés les sekitori et sont payés par l'association japonaise de sumo (NSK). Les trois rangs ōzekisekiwake et komusubi de la division makuuchi sont surnommés san'yaku (les yokozuna y sont parfois inclus).

Tournois ou basho

Il y a six tournois principaux par an, baptisés honbasho et durant 15 jours :

  • Hatsu basho à Tokyo en janvier ;
  • Haru basho à Ōsaka en mars ;
  • Natsu basho à Tokyo en mai ;
  • Nagoya basho à Nagoya en juillet ;
  • Aki basho à Tokyo en septembre ;
  • et Kyūshū basho à Fukuoka en novembre.

Ces tournois sont diffusés à travers tout le Japon et sont suivis fiévreusement par une grande partie de la population bien que la discipline soit victime de la désaffection du public depuis quelques années. Il y a en plus des tournois régionaux qui ne comptent pas dans le classement des lutteurs : les jungyō. Ils peuvent avoir lieu à l'étranger, la France a ainsi eu la chance d'en accueillir un en 1995 à Bercy.

Les sekitori effectuent quinze combats par tournoi, contre seulement sept pour les quatre divisions inférieures. Le trophée que remporte le vainqueur de chaque division (celui qui a obtenu le plus de victoires) s'appelle yūshō. En makuuchi, il est rare qu'unmaegashira remporte un honbasho : récemment seuls Kotomitsuki en 2001 et Kyokutenhō (en) en 2012 y sont parvenus12. Kyokutenhō est devenu par la même occasion le plus vieux lutteur à gagner un tournoi à l'âge de 37 ans et huit mois12.

D'autres prix sont attribués à l'issue d'un basho dans la catégorie makuuchi :

  • les kin-boshi, étoiles d'or, à celui parmi les maegaeshira qui aura réussi à gagner un combat contre le (ou les) yokozuna en titre ;
  • les sanshō, trois prix qui récompensent un lutteur qui s'est démarqué des autres :
    • par la qualité technique avec laquelle il a gagné ses combats : ginō-shō,
    • par une performance remarquable tout au long du basho : shukun-shō,
    • ou par son courage : kantō-shō.

Tous ces prix y compris le yūshō, en plus de la prime occasionnée, octroient une augmentation du traitement du rikishi jusqu'à sa retraite.

Classement ou banzuke

Exemple de banzuke

Le tableau de classement est appelé banzuke, et est publié suite à chaque honbasho. Pendant le tournoi, l'objectif du rikishi est d'obtenir plus de victoires que de défaites :

  • S'il obtient une majorité de victoires, il est désigné kachi-koshi et peut alors gagner des rangs dans le banzuke.
  • S'il obtient une majorité de défaites, il est déclaré make-koshi et peut être déclassé.

Le banzuke reprend le classement des lutteurs mais aussi des gyōji et même des yobidashi, les personnes qui déclament le nom des rikishi avant chaque combat.

Lorsqu'un ōzeki excelle au tout premier rang, la fédération peut le désigner yokozuna, champion suprême. Il est généralement nécessaire pour cela de remporter au moins deux tournois à la suite et d'être jugé moralement digne d'un tel rang, les yokozuna étant considérés comme les rikishi les plus proches des dieux, voire parfois comme des demi-dieux. Le yokozuna — qui ouvre les journées de combat par une cérémonie spéciale — conserve son titre à vie et ne pourra régresser dans les classements. Néanmoins, si ses résultats deviennent indignes d'un yokozuna, l'usage lui imposera de se retirer du monde du sumo.

Scandales

Plusieurs scandales ont émaillé ce sport traditionnel dans les années 2000, et provoqué l'exclusion ou la rétrogradation de plusieurs lutteurs et maîtres d'écuries, mettant notamment en cause les conditions d'entrainement des jeunes lutteurs :

  • Le 26 juin 2007, Takashi Saitō (斉藤 俊Saitō Takashi?), apprenti lutteur de dix-sept ans, meurt d'une crise cardiaque après avoir été frappé à plusieurs reprises avec une bouteille de bière par le maitre de son écurie, la Tokitsukaze-beya (時津風部屋?), et avec une batte de baseball en métal par d'autres lutteurs plus âgés13,14. Le maître, Jun'ichi Yamamoto (山本 順一Yamamoto Jun'ichi?), connu sous le nom de Futatsuryū (双津竜?) en tant que lutteur, est radié à vie par la JSA le 5 octobre 200713. Par la même occasion, le président et plusieurs responsables de l'association s'infligent des réductions de salaire de 30 à 50 % pendant trois ou quatre mois13. Le maître et trois lutteurs, Masanori Fujii, Masakazu Kimura et Yuichiro Izuka, âgés de 23 à 26 ans, sont arrêtés début février 2008, et inculpés un mois après15,16. En décembre 2008, les lutteurs sont reconnus coupables, condamnés à de la prison avec sursis et exclus par la JSA, puis en mai 2009 le maître est condamné à six ans de prison17,18.
  • En mai 2008, deux autres cas de brimades sont rendus publics, impliquant le maître de l'écurie Magaki (間垣部屋Magaki-beya?), Kanji Wakanohana II (若乃花 幹士Wakanohana Kanji?), membre du conseil d'administration de la JSA, et un lutteur de l'écurie Michinoku (陸奥部屋Michinoku-beya?), Toshiaki Toyozakura (豊桜 俊昭Toyozakura Toshiaki?)19. Les deux hommes voient leur salaire réduit de 30 % pendant trois mois20.

Suite à ces affaires, plusieurs lutteurs, anciens ou en activité, ont avoué avoir subi des brimades, appelées kawaigari (可愛がり?,« caresses »), lors de leurs débuts, tels que Muneyoshi Fujisawa (藤沢 宗義Fujisawa Muneyoshi?), plus connu sous le nom de Kotonofuji (琴乃富士?), brulé, tabassé, la bouche gavée de sable et de sel14, et surtout le yokozuna Hakuhō, parfois frappé pendant près de quarante-cinq minutes à ses débuts : « Les vingt premières minutes sont incroyablement douloureuses, mais après (…), même si vous continuez à être frappé, vous sentez moins la douleur »21.

Plusieurs cas de consommation de cannabis ont également été répertoriés, cas sévèrement punis par la législation japonaise :

  • Le 21 août 2008, le lutteur russe Toshinori Wakanohō (若ノ鵬 寿則Wakanohō Toshinori?), de son vrai nom Soslan Aleksandrovich Gagloev, 20 ans, est exclu à vie pour avoir fumé du cannabis22. Étant mineur au moment des faits et pour une première infraction, il n'est pas poursuivi par la justice, et porte plainte pour demander sa réintégration23. Il déclare par la même occasion que d'autres lutteurs et des maitres d'écurie fument également, et surtout qu'il a « été obligé de livrer des combats truqués contre de l'argent, dès que [il est] entré en makuuchi » et que son maître et d'anciens lutteurs savaient et avaient fait la même chose pendant leur carrière24. Il précise alors au Shūkan Gendai avoir été approché par l’ōzeki Kotoōshū, qui lui aurait dit :« Nous sommes tous les deux Européens. Si tu fais ça pour moi, je ne l'oublierai jamais. Je te donnerai un million de yens (6 900 euros). Je peux même aller jusqu'à 1,5 million », propos aussitôt démentis par l'intéressé25. Le 29 novembre, il reconnait avoir inventé toutes ces accusations, en contrepartie d'une somme de 2,5 millions de yens pour l'interview26. Ce même magazine a déjà faussement accusé en janvier 2007 plusieurs lutteurs dont Asashōryū d'avoir payé des adversaires pour perdre contre eux, et est condamné 26 mars 2009 avec son éditeur Kōdansha et l'auteur de l'article à payer 40 millions de yens (300 000 euros) de dommages et intérêts au total aux plaignants27.
  • Le 3 septembre 2008, deux nouveaux lutteurs russes, Yukio Rohō (露鵬 幸生Rohō Yukio?dont le vrai nom est Soslan Feliksovich Boradzov, 28 ans) et son frère Yūta Hakurozan (白露山 佑太Hakurozan Yūta?Batraz Feliksovich Boradzov, 26 ans)de l'écurie du directeur de la JSA Toshimitsu Kitanoumi, sont contrôlés positifs au cannabis28. Kitanoumi démissionne quelques jours plus tard, les lutteurs étant exclus à vie malgré leur recours en justice29,30.
  • En février 2009, le lutteur Wakakirin (若麒麟?), de son vrai nom Shin'ichi Suzukawa (鈴川 真一Suzukawa Shin'ichi?), est également exclu à vie pour possession de marijuana, et condamné à dix mois de prison avec sursis en avril avec trois ans de mise à l'épreuve31,32.

Les plus grands scandales interviennent en mai 2010. D'abord avec le démantèlement de l'écurie Kise (木瀬部屋Kise-beya?) et la rétrogradation de son maître Naoya Higonoumi (肥後ノ海 直哉Higonoumi Naoya?), de son vrai nom Naoto Sakamoto (坂本 直人,Sakamoto Naoto?), pour avoir offert des places au honbasho de Nagoya à des yakuzas du Kōdō-kai (弘道会?)33.

Puis surtout le 20 mai 2010, lorsque le magazine Shūkan Shinchō affirme que l’ōzeki Kotomitsuki est impliqué dans une affaire de paris illégaux sur le baseball avec des yakuzas34. La JSA annonce le 28 juin qu'elle exclut le lutteur35. Avec lui sont finalement suspendus dix-huit autres lutteurs également impliqués, alors que le maître de l'écurie Ōtake (大嶽部屋Ōtake-beya?), Tadashige Naya (納谷 忠茂Naya Tadashige?), connu sous le nom de Takatōriki (貴闘力?), est exclu36.

Cette affaire connait de nouvelles répercussions début 2011 avec l'arrestation de Sadahide Furuichi (古市 貞秀Furuichi Sadahide?), Tetsuya Yabushita (藪下 哲也Yabushita Tetsuya?) et Shunsaku Yamamoto (山本 俊作Yamamoto Shunsaku?) de l'écurie Ōnomatsu (阿武松?) pour organisation de paris illicites, toujours sur le baseball37. Puis, lorsque la police découvre, via des e-mails présents dans les téléphones portables confisqués lors de leur enquête, des preuves de trucage de match de sumo entre mars et juin 201038. Onze lutteurs, la plupart de jūryō, et deux maîtres d'écurie sont alors mis en cause ; trois d'entre eux, les lutteurs Chiyohakuhō (千代白鵬?jūryō) et Enatsukasa (恵那司?sandanme) et le maître de l'écurie Takenawa (竹縄?) Kasuganishiki (春日錦?), reconnaissent rapidement les faits38,39,40,41. En conséquence, le tournoi de mars ou haru basho à Ōsaka est annulé, une première depuis 1946, et l'entrée au tournoi de mai est rendue gratuite pour tous les spectateurs42,43.

Après investigations, dix nouvelles personnes sont reconnues comme impliquées dans le scandale début avril ; seules trois sur les23 impliquées ont alors reconnu les faits44. On compte parmi ces 23 personnes 21 lutteurs : en conséquence leurs supérieurs, 17 au total, bien que non impliqués sont également punis pour ne pas avoir correctement surveillé leurs protégés45. Deux nouveaux lutteurs sont alors forcés de se retirer : Sōkokurai (蒼国来?makuuchi) et Hoshikaze (星風?jūryō)46. Puis c'est au tour du lutteur Futen'ō (普天王?) de se retirer après avoir été suspendu en juillet 201047. Le tournoi de mai est finalement transformé en rencontres destinées à établir un nouveau classement pour le tournoi de juillet à Nagoya, littéralement « tournoi d'examen des compétences » (技量審査場所,ginryū shinsa basho?), et n'est pas diffusé à la télévision48,49.

Le sumo dans la culture populaire

Diverses disciplines au Japon s'inspirent du sumo :

  • Le tōgyū, combat entre taureaux, né au XVIIe siècle.
  • Le kumo gassen (en), combat entre araignées qui existe d'entre d'autres pays d'Asie, et se pratique à Airapréfecture de Kagoshima depuis la fin du XVIe siècle
  • Le robot sumo, une compétition de petits robots s'inspirant du sumo, crée par Fujisoft en 1989.

L’ukiyo-e, mouvement artistique japonais de l'époque d'Edo (1603-1868) d'estampes gravées sur bois, représentait régulièrement des lutteurs de sumo, correspondant aux centres d'intérêt de la bourgeoisie de l'époque. Dès le xviie siècle, Moronobu illustre des livres sur le sumo, puis, plus tard, Buncho et Koryusai font les premiers portraits de lutteurs. Enfin, l'école Katsukawa, en particulier avecShunsho et Shun'ei, profite de son expérience des portraits d'acteurs de kabuki pour s'investir dans ceux des sumotoris. Plus tard,UtamaroSharaku et Hokusai s'intéresseront également au sujet50.

On trouve dans les jeux vidéo, principalement les jeux de combat, des sumotoris de fiction, tel que Ganryu dans la série de jeuxTekken ou Edmond Honda dans la série Street Fighter.

Au catch américain, le lutteur samoan-américain Yokozuna, de son vrai nom Rodney Anoa'i, se faisait passer pour un ancien rikishi, bien qu'il n'ait jamais fait de sumo professionnel.

Sumo amateur

Le premier tournoi national amateur du Japon, Zen-Nihon sumō senshuken taikai (全日本相撲選手権大会?), a lieu en 1952, le gagnant recevant le titre annuel d’amateur yokozuna (アマチュア横綱amachua yokozuna?). Musōyama, Asashio IV ou encore Kotomitsukiont ainsi été amateur yokozuna avant de devenir lutteur professionnel. En 1980, des lutteurs étrangers sont invités pour la première fois51. Le Kokusai sumō kyōgikai (国際相撲協議会?littéralement « Forum du sumo international ») est créée en juillet 1983 par le Japon et le Brésil, et devient en décembre 1992 l'International Sumo Federation (国際相撲連盟Kokusai sumō renmei?)51. En 1985 apparaissent officiellement les International Sumo Championships, qui deviennent les World Sumo Championships (世界相撲選手権大会Sekai sumō senshuken taikai?) en 1992 avec 73 participants de 25 pays51. En 2005, la fédération internationale compte 84 paysmembres51.

Les World Sumo Championships se découpent en quatre compétitions : individuelle et par équipe nationale, homme ou femme51. Les lutteurs combattent par catégories : moins de 85, moins de 115 et plus de 115 kg, plus une catégorie libre pour les hommes ; moins de 65, moins de 80 et plus de 80 kg, plus également une catégorie libre pour les femmes52. Chez les hommes, certains lutteurs sont devenus professionnels, tels que Kotomitsuki, Hamanishiki (trois fois vainqueurs), Kaihō, Hayateumi, Kiyoseumi (deux fois vainqueurs), Dejima, Kakizoe ou encore Aran (une fois vainqueur). Chez les femmes, ce sont les Russes qui dominent la compétition.

Les fédérations continentales ont été fondées en 199551. En Europe, on trouve l’European Sumo Union, composée de 28 paysmembres en 201053. Les catégories sont plus nombreuses : moins de 70, moins de 85, moins de 100, moins de 115 et plus de115 kg, plus une catégorie libre pour les hommes, moins de 55, moins de 65, moins de 80, moins de 95 et plus de 95 kg, plus également une catégorie libre pour les femmes54. En Pologne, la fédération créée en 2003 compte en 2010 plus de mille adhérents dans soixante clubs55.

 

 

inscription au club possible tout au long de l'année et accessible à tous les ages.
Club de sport, d'arts martiaux et de boxe de Soufflenheim et de Drusenheim près de Haguenau en Alsace
Goshin-Système (mélange de Judo, aikido et karaté), Rapide-Défense, Boxe (Muay Thaï - Kick-boxing - K1)